NOËL

La veille de Noël – le 24 décembre, Noël – le 25 décembre

Q : Nous avons déjà parlé de nombreuses fêtes et de différentes coutumes estoniennes. Je sais qu’en hiver, vous célébrez Noël et le Nouvel An. Je suppose que vous avez quelque chose de spécial pour les fêter à l’estonienne ?

R : Bien sûr. La période la plus sombre de l’année était pleine de magie et de prédictions. Mais je vais te raconter…

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AVANT

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ÉCOUTE ET ESSAIE DE COMPRENDRE !

La veille de Noël, on étalait du foin ou de la paille par terre : il était amusant de jouer en se vautrant dedans, et éventuellement de s’y endormir. Des folies pareilles étaient pourtant interdites le jour de Noël, comme la veille. La paille servait aussi à faire des décorations, par exemple la couronne de Noël qui était accrochée au plafond. Sinon, la forme la plus courante pour les petits éléments décoratifs était une étoile à huit pointes.

La maison était bien rangée et nettoyée déjà pour la soirée de la Saint-Thomas, toomapäev, le 21 décembre. La mère de la famille préparait du boudin et des boulettes faites avec du sang de porc et de la farine, verikäkid, bien à l’avance. On mangeait traditionnellement du pain de Noël (du pain noir, mais plus riche en ingrédients), du porc, du fromage de tête, des choux et du rutabaga. Le père de la famille brassait de la bière. Pendant la fête, le bétail avait droit à un meilleur repas : à de l’avoine mais aussi, au pain.

La veille de Noël, on allait à la messe en carriole. Le tintement des grelots attachés aux timons faisait fuir les mauvais esprits qui erraient autour, agités et plus nombreux que pendant le reste de l’année. Il fallait se méfier, et les gens préféraient, autant que possible, rester chez eux, la veille et le jour de Noël. Par respect pour les esprits, on gardait le silence et la nuit, les repas du réveillon étaient laissés sur la table, les lits restaient vides et les chambres éclairées. Beaucoup d’activités avaient une signification magique. L’ambiance de la veille de Noël était donc à la fois pieuse et festive.

On ne sortait de chez soi que le 26 décembre pour rendre visite à ses proches. Plusieurs travaux étaient interdits pendant toute la période de Noël, du 24 décembre au 6 janvier. Seuls les travaux les plus urgents étaient tolérés. 

 

AUJOURD’HUI

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ÉCOUTE ET ESSAIE DE COMPRENDRE !

Même si on parle de plus en plus de la commercialisation de Noël, sa signification plus profonde est toujours présente dans notre conscience.

Pendant la période de l’Avent, les enfants mettent leurs chaussons ou leurs chaussettes sur le rebord de la fenêtre et espèrent qu’un lutin y déposera des sucreries durant la nuit. Ils écrivent des lettres au Père-Noël afin de lui dire ce qu’ils voudraient avoir en cadeau. 

L’arbre de Noël (chez nous, un épicéa), ou tout simplement, des branches dans un vase, sont traditionnellement décorés de boules de sapin, mais aussi de bougies ou de guirlandes électriques. Quant aux fleurs, on achète des poinsettias et des cyclamens pour orner la maison.

La veille de Noël, les Estoniens vont au cimetière et allument des bougies sur les tombes de leurs proches. Le cimetière scintillant de bougies est un spectacle à couper le souffle. Certaines personnes vont à l’église.

Souvent, toute la famille est réunie à la maison pour la veille de Noël. C’est alors qu’arrive le Père-Noël avec sa hotte, surtout pour les enfants. Ceux-ci récitent des poèmes, chantent ou dansent pour avoir leurs cadeaux. Si le Père-Noël est trop occupé ou pressé ce soir-là, il laisse sa hotte derrière la porte, et c’est souvent un membre de la famille qui prend son rôle.

Les repas traditionnels de Noël sont

- le boudin ou les boulettes faites avec du sang de porc et de la farine (verikäkk) qu’on sert avec de la salade d’airelles ou de citrouille ;

- le fromage de tête servi avec des pommes de terre cuites à l’eau ou au four ;

- le rôti de porc accompagné de choucroute ;

- le pain d’épices (avec un glaçage) pour le dessert.

Dans la campagne, il est toujours de coutume de donner du pain aux animaux.

 

LE NOUVEL AN

Le réveillon du Jour de l’An – le 31 décembre, le Nouvel An – le 1er janvier

 

AVANT

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ÉCOUTE ET ESSAIE DE COMPRENDRE !

Pendant des siècles, la nuit du Nouvel An a été le temps d’interroger le destin, par exemple en versant du plomb fondu dans de l’eau froide – ce qui se fait d’ailleurs toujours. Autrefois, il existait même un récipient spécial pour ce rituel, mais de nos jours, les outils nécessaires s’achètent tout simplement dans un magasin. Le plomb pouvait aussi être remplacé par de la paraffine chaude ou par de la cire de bougie. Ainsi, en répétant l’action, on interrogeait séparément le destin de chaque membre de la famille. La forme du morceau de plomb sorti de l’eau permettaient de prédire l’avenir de celui dont c’était le tour.

Après minuit, on sortait pour interpréter les sons qu’on entendait : le bruit d’une cloche d’église signifiait la mort, le rire prédisait les noces et les pleurs annonçaient la naissance d’un bébé.

Les enfants jouaient dans de la paille étalée par terre. Des outils étaient déplacés et agités dans le but de les préparer symboliquement pour les travaux de l’année suivante. On secouait aussi des pommiers pour garantir une bonne récolte. À l’arrivée du Nouvel An, on chassait les mauvais esprits en faisant du bruit et en tirant au fusil.

On voyait souvent se promener des jeunes gens déguisés en bouc. C’étaient des boucs du Nouvel An, näärisokud, qui souhaitaient une bonne année et à qui on offrait en étrennes des chaussettes, des gants et de la bière.

Le repas du réveillon du 31 décembre devait être encore plus copieux que celui de Noël, même si le choix des plats restait plus ou moins le même.

 

AUJOURD’HUI

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ÉCOUTE ET ESSAIE DE COMPRENDRE !

Aujourd’hui, la table mise pour la fête du Nouvel An est beaucoup plus variée, tout en dépendant de la fantaisie et des compétences de la mère de famille. Pourtant, on propose toujours aussi quelque chose de traditionnel, même si ce n’est que des pains d’épices.

Le 31 décembre, les chaînes de télévision estoniennes ont toujours leurs propres émissions qui sont suivies avec un grand intérêt et commentées, plus tard, en détails (ce qu’on a aimé, ce qu’on n’a pas aimé, et pourquoi). Quelques minutes avant minuit, les chaînes de télévision et de radio transmettent le discours du président de la république.

Pendant la nuit du Nouvel An, les théâtres, les centres culturels et les salles de concert abritent des fêtes et des bals grandioses. Les jeunes comme les plus âgés se rassemblent sur les places centrales autour du sapin et admirent les feux d’artifice. Le Nouvel An est accueilli avec des verres de champagne et des bons vœux. C’est un bon signe si le premier vœu, Head uut aastat !, est prononcé par un homme.

Les jeunes continuent leurs fêtes dans des boîtes de nuit et dans des pubs, les autres retournent à leurs festins.

 

VOCABULAIRE

À couper le souffle – hingemattev

Avent (m) – advent

Boudin (m) – verivorst

Bougie (f) – küünal

Boule (f) de sapin – kuuseehe

Carriole (f) – kaarik, saan

Choucroute (f) – hapukapsas

Cire (f) – vaha

Copieux (-se) – külluslik

Cyclamen (m) – alpikann

Épicéa (m) – kuusk

Errer – uitama, ekslema

Étoile (f) à huit pointes – kaheksakand

Étrennes (f. pl) – jõulu- või näärikink

Festin (m) – pidusööming

Feu (m) d’artifice – ilutulestik

Fromage (m) de tête – sült

Grelot (m) – kuljus

Guirlande électrique (f) – (kuuse)laternad

*Hotte (f) – kingikott

Interroger le destin – saatust/tulevikku ennustama

Lutin (m) – päkapikk

Paille (f) – õlg (genitiiv: õle)

Pain (m) d’épices – piparkook

Pieux (-se) – harras, vaga

Plomb (m) – seatina

Poinsettia (f) – jõulutäht

Prédiction (f) – ennustus, enne

Rebord (m) de la fenêtre – aknalaud

Réveillon (m) – jõulu- ja vana-aastasöömaaeg

Rutabaga (m) – kaalikas

Salade (f) d’airelles – pohlasalat

Salade (f) de citrouille – kõrvitsasalat

Secouer – raputama

Timon (m) – ais

Tirer au fusil – püssist tulistama

 

Exercice 1 : compréhension orale (audio)

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ÉCOUTE ET REMPLIS LES CASES !

Exercice 1 : compréhension orale (texte)

 

Exercice 2 : compréhension