FÊTES DE LA SAINT-MARTIN ET DE LA SAINTE-CATHERINE

Q : Quelles fêtes vous avez en automne ? Est-ce que les Estoniens fêtent Halloween, par exemple ?

R : Non, pas beaucoup, mais bien sûr que nous connaissons cette tradition et les citrouilles-lanternes sont, en fait, très sympas. Les écoles spécialisées en anglais organisent sans doute quelque chose, mais nous avons nos propres fêtes traditionnelles : la Saint-Martin, mardipäev, et la Sainte-Catherine, kadripäev. On peut leur trouver quelques points communs.

 

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La fête de la Saint-Martin (le 10 novembre)

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ÉCOUTE ET ESSAIE DE COMPRENDRE !

On dit que mardijooks, c’est-à-dire aller de porte en porte, déguisé en mendiant de la Saint-Martin, est une très vieille tradition internationale : en effet, au Moyen-Âge, on demandait ainsi l’aumône pour les monastères. Ce sont les Allemands qui ont apporté cette coutume en Estonie à la fin de l’époque médiévale.

 

AVANT

Les déguisés de la Saint-Martin, mardisandid, faisaient du porte-à-porte la veille de la Saint-Martin. De petits groupes s’organisaient en « famille », dirigées par un père et une mère qui devaient savoir chanter. Ils portaient des vêtements foncés et avaient le visage couvert de suie.

Ils avaient souvent un accordéon ou un concertina, mais parfois aussi un violon ou une cithare pour accompagner leurs chants et leurs danses. Pour faire fuir les mauvais esprits sur la route, les déguisés de la Saint-Martin faisaient du bruit avec des trompettes et même, parfois, des poêles.

Le rituel de la Saint-Martin se construisait d’une manière assez fixe. Les déguisés commençaient par frapper à une porte en chantant une chanson pour leur permettre d’entrer. Après les salutations, le père de la Saint-Martin jetait quelques poignées de grain, de gruau et de petit pois par terre, tout en récitant  une incantation spéciale.

Puis, on vérifiait si les enfants savaient bien lire et si les filles connaissaient bien les activités artisanales. Les masqués faisaient des devinettes, proposaient des jeux et dansaient seul, en cercle ou en couple. Parfois, la famille visitée était aussi invitée à danser. Le père de la Saint-Martin donnait un petit coup de fouet à chacun et leur souhaitait une bonne santé.

Ensuite, une chanson spéciale était présentée pour quémander des produits alimentaires, de l’argent, des sucreries, etc. Il y avait aussi une chanson à part pour remercier pour les dons. Ces chansons étaient généralement suivies par des vœux souhaitant de la chance pour la récolte et le bétail, pour les futurs enfants et la recherche d’un époux. Plus le groupe de déguisés était grand, plus ils apportaient de bonheur.

La chanson de départ se composait d’adieux, de bons vœux et de promesses de revenir l’année suivante. Si la porte restait fermée devant les déguisés, ils chantaient des malédictions et se moquaient de la famille. La nourriture et la bière collectées servaient à organiser une kermesse.

Quelques travaux étaient interdits pendant la Saint-Martin : il n’était pas souhaitable de travailler le lin ni de tondre les moutons.

Le repas traditionnel de la fête de la Saint-Martin était le rôti d’oie – au XIXe siècle, c’était plutôt réservé aux familles fortunées. Les coqs et les poules étaient également tués pour la Saint-Martin : manger de la volaille devait apporter de nouveaux poulains. Dans le nord de l’Estonie, on faisait cuire une tête de porc et des choux. Dans le sud, on faisait des scones, karaskid. On préparait aussi des saucisses.

 

AUJOURD’HUI

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ÉCOUTE ET ESSAIE DE COMPRENDRE !

Ce sont en général les écoliers qui se déguisent pour la fête de la Saint-Martin – et ils n’invitent pas très souvent la famille à participer à leurs danses. Les habits ne sont plus forcément foncés, mais tout ce qui aide à se déguiser convient. Pour pouvoir entrer, on commence à chanter derrière la porte et on s’arrête quand on se déplace d’une maison à l’autre. À l’intérieur, on danse, on chante et on fait des devinettes.

Il est de coutume de donner aux déguisés des bonbons, des gâteaux et des pommes, et parfois aussi de l’argent. En général, rien de spécial n’est préparé pour la fête de la Saint-Martin, mais il arrive qu’on fasse cuire une oie de Mart, mardihani. Afin de préserver la tradition, la Saint-Martin est souvent fêtée dans les écoles maternelles.

Chanson de la Saint-Martin « Mardilaul »
Tere, tere, eidekene, teiseks, tere, taadikene,
marti, marti
Laske mardid sisse tulla, mardid tulnud kauge’elta,
marti, marti
Mardi küüned külmetavad, Mardi varbad valutavad, marti, marti
Mart toob meile lehmaõnne, kannab kotta karjaõnne, marti, marti
Tere, tere, eidekene, teiseks, tere, taadikene,
marti, marti

 

Des prévisions météorologiques sont aussi liées à cette fête : s’il gèle pendant la Saint-Martin, il dégèle pendant la Sainte-Catherine, et vice versa.


La fête de la Sainte-Catherine (le 25 novembre)

AVANT

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ÉCOUTE ET ESSAIE DE COMPRENDRE !

La fête de la Sainte-Catherine a également une longue histoire. Elle se célèbre le 25 novembre depuis le Xe siècle et commémore le martyr de Catherine d'Alexandrie. Nos ancêtres la célébraient pour honorer la fée Kadri qui défendait le bétail.

Les déguisés de la Sainte-Catherine portaient donc chance au bétail. Tout travail lié à la laine était interdit : afin de ne pas porter malheur aux moutons, les femmes ne pouvaient ni filer, ni tricoter, ni repriser.

La veille du 25 novembre, les déguisés de la Sainte-Catherine, surtout les jeunes du village allaient de porte en porte. Ils étaient habillés avec des vêtements clairs de femmes. Pour entrer, il fallait chanter ou bêler. Une fois entrés, ils chantaient, faisaient des devinettes, proposaient des jeux et jetaient des fèves ou des petits pois par terre.

La nuit de la Sainte-Catherine, comme le voulait la coutume, les filles formaient un cercle et on apportait dans la chambre une oie, un canard, une poule ou un coq. La fille vers laquelle l’oiseau allait en premier était destinée à se marier avant les autres.

Les performances de la Sainte-Catherine n’étaient pas aussi bruyantes que celles de la Saint-Martin. Les déguisés formaient aussi une famille, dirigée par une mère, kadriema, portant un bâton ou une baguette. Les « Kadri » avaient aussi un bébé Kadri, kadrititt, avec eux.

On mangeait traditionnellement de la bouillie d’orge (qu’on offrait également aux voisins) ou d’avoine, du mouton avec du porridge, des petits pois et des fèves bouillis dans de l’eau salée, du kama (un mélange de différents ingrédients comme des céréales, des fèves et des petits pois séchés, moulus en farine) et des boules de kama. On buvait de la bière de Kadri.

 

AUJOURD’HUI

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ÉCOUTE ET ESSAIE DE COMPRENDRE !

Il n’est plus essentiel de s’habiller avec des vêtements clairs, il suffit de se déguiser. Les « Kadri » chantent derrière la porte jusqu’à ce qu’ils soient invités à entrer.

En comparant avec la veille de la Saint-Martin, il y a moins de déguisés dans les rues le 24 novembre. Les chansons, les danses et les devinettes se ressemblent beaucoup. On joue parfois de la flûte pour amuser les hôtes. Il est de coutume de récompenser l’effort des déguisés avec des sucreries et des fruits, mais récemment aussi avec de l’argent.

Les écoles maternelles organisent des fêtes de la Sainte-Catherine afin de maintenir en vie la tradition. Comme les portes extérieures des grands immeubles sont souvent fermées et qu’on n’aime pas laisser entrer les inconnus, il y a beaucoup moins de déguisés dans les villes pendant les fêtes de la Saint-Martin et de la Sainte-Catherine. La tradition est donc plus suivie dans les petites communes où les gens se connaissent mieux. 

 

Chanson de la Sainte-Catherine « Kadrilaul »

Laske sisse kadrisandid, kadriko, kadriko
Laske sisse kadrisandid kadriko, kadriko
Kadri küüned külmetavad, kadriko, kadriko
Kadri küüned külmetavad kadriko, kadriko
Kadri varbad valutavad, kadriko
Kadri varbad valutavad kadriko, kadriko
Laske sisse kadrisandid, kadriko, kadriko
Laske sisse kadrisandid kadriko, kadriko

VOCABULAIRE

Aumône (f) – almus, annetus

Bêler – määgima

Bétail (m) – kariloomad

Blague (m) – nali, vimka

Bouillie (f) d’avoine – kiisel

Bouillie (f) d’orge ­– kruubipuder

Cithare (f) – kannel

Citrouille-lanterne (f) – kõrvitsalatern

Concertina (m) – lõõtspill

Coup (m) de fouet – vitsahoop

Coutume (f) – komme, traditsioon

Dégeler – sulama, sula ilm olema

Don (m) – and, annetus

Farine (f) grillée d’orge, de seigle, de fèves et de petits pois – kama

Geler – külmetama (ka ilma kohta)

Grain (m) – tera

Gruau (m) – kruup

Incantation (f) – loits

Kermesse (f) – simman, laat

Malédiction (f) – needus, needmine

Martyr (m) – märter

Mendiant (m) – kerjus

Monastère (m) – klooster

Porridge (m) – puder

Porter chance – õnne tooma

Porter malheur – õnnetust tooma

Prévisions (f) météorologiques – ilmaennustus

Quémander – anuma, almust paluma

Repriser – nõeluma

Rôti (m) d’oie – hanepraad

Sainte-Catherine (f) – kadripäev

Saint-Martin (f) – mardipäev

Scone (m) – karask

Seigle (m) – rukis

Tondre les moutons – lambaid pügama/niitma

 

Exercice 1 : grammaire (texte)

Exercice 1 : grammaire (audio)

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Exercice 2 : vocabulaire